Bonjour à tous mes chers lecteurs d’un autre temps !! Mon nom est W.S Bodey mais appelez-moi simplement Waiteman. Et non, vous ne rêvez pas, je suis bien un fantôme et je suis revenu sur terre quelques heures pour vous parler un petit peu de ma ville, Bodie.

Je suis né en 1814 dans une petite bourgade à 110 kilomètres de New-York City. Durant mon enfance j’ai toujours rêvé de devenir chercheur d’or et c’est ainsi que très jeune je quittai le domicile familial pour partir sur les routes. Mon but était de devenir riche grâce à ce métal précieux que l’on appelait l’or. Tout le monde ne parlait que de ça en ce temps là, les pauvres avaient une opportunité incroyable d’être riches ou tout du moins d’avoir de quoi nourrir convenablement leurs familles.

De nombreux hommes laissèrent donc leurs femmes et leurs enfants et partirent à la découverte d’une pépite. En ce temps-là, j’étais marié à Sarah et elle m’avait donné deux magnifiques enfants. Mais j’étais tellement obsédé par l’argent et la richesse que je parcourus des centaines et des milliers de kilomètres en train à la recherche de terres prospères.

En 1859, alors que j’étais âgé de 45 ans, mon train me déposa à la gare de Sacramento, non loin de San Francisco. Je savais que non loin de là il y avait une région qui s’appelait la Sierra-Nevada, une région montagneuse et désertique où de l’or avait déjà été trouvé. L’endroit idéal !

Une fois sur place, on m’indiqua un vieux cow-boy qui revendait des chevaux à la sortie est de la ville. Je lui achetai un de ses étalons et je cavalais durant des jours entiers sur les sentiers arides de ce désert. A une centaine de kilomètre du lac Tahoe, à 2500 mètres d’altitude, j’installais mon campement. J’étais seul, pas âme qui vive. Mais le destin en avait décidé autrement quand quelques jours après mon arrivé je découvris de petites pépites d’or. J’érigeais à ce moment-là un campement et je lui donnais mon nom, Bodie !

Une petite poignée de chercheurs m’aidaient ainsi à exploiter la mine, jusqu’au jour où lors d’un voyage d’approvisionnement vers Monoville, je fus pris dans une tempête de neige et ma vie s’arrêta ainsi en ce jour de novembre 1859, âgé de seulement 45 ans. 

Mais, comme vous pouvez vous y attendre, ma mort ne signifiait pas que le campement allait mourir. Durant plus de dix ans, le petit campement continua d’exister et faisait vivre quelques chercheurs d’or, malgré la rudesse de l’hiver.

Jusqu’au milieu des années 1870 où la Standard Company investit les lieux et y développa son activité minière à plus grande échelle. 

Résultat des courses : en l’espace de 4 ans mon petit campement se transforma en une ville gigantesque peuplée par plus de 10 000 habitants et qui deviendra même la deuxième ville de Californie !  La quantité d’or que l’on y trouva durant toutes ces années d’exploitation dépassa les 100 millions de dollars. 

Bien évidement, il fallait construire une ville en partant de rien. Des bâtiments qui abritaient des lieux d’habitations des locaux, des banques, le journal local, le chemin de fer. On y trouvait tout ce qu’une grande ville de l’époque pouvait compter. Même la prison de la ville, qui fut nécessaire au vu du comportement de certains bandits. De nombreux hold-up, assassinats et fusillades ont fait de Bodie, une ville dangereuse où l’on n’était pas sur de ressortir vivant. 

Au plus fort de ces années prospères, Bodie a accueilli pas moins de 65 saloons qui étaient tous installés sur Main street, longue de deux kilomètres. Mais, comme tout a une fin, le filon très convoité de Bodie a pris fin et la ville se dépeupla aussi vite qu’elle s’était peuplée. 

Malgré cela, certains résidents restèrent sur place sur une petite partie du vingtième siècle jusqu’à l’incendie de 1932 qui ravagea une très grande partie de la ville. Ce fut le déclin final pour Bodie qui devint une ville totalement dépeuplée de ses habitants. Après ce fameux incendie seule une partie de la ville resta debout, environ deux cents bâtiments mais qui ne représentaient que seulement 5 % de la ville de l’époque ! Parmi eux, vous pourrez encore voir l’école de la ville, l’église, la morgue, quelques saloons et bien sûr la mine qui domine la ville sur les hauteurs. 

Tous les bâtiments encore debout aujourd’hui sont restés tels que les habitants de ma ville les ont laissés en partant. La salle de classe regorge de meubles et d’outils qui avaient appartenu aux citoyens. L’église est encore meublée de tous ses bancs tandis que le saloon a conservé son comptoir avec tous les tabourets, le billard etc… 

Il règne dans Bodie, encore aujourd’hui, une atmosphère fantomatique. La ville a été nommée National History Landmark en 1961 et est aujourd’hui conservée et protégée par des rangers à qui il faut s’acquitter d’un droit d’entrée de 9 dollars pour pouvoir pénétrer dans les lieux. Sachez aussi que Bodie est assez éloignée de toute civilisation, dans les montagnes, et qu’en hiver l’accès y est souvent fermé pour cause d’enneigement.

J’espère vous en avoir appris un petit peu plus sur la ville qui porte encore aujourd’hui mon nom : Bodie. Hasta la vista !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s